The Psychedelics Sounds Of The 13th Floor Elevators (1966)



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1. You're Gonna Miss Me
2. Roller Coaster
3. Splash 1 (Now I'm Home)
4. Reverberation (Doubt)
5. Don't Fall Down
6. Fire Engine
7. Thru the Rhythm
8. You Don't Know
9. Kingdom of Heaven
10. Monkey Island
11. Tried to Hide




Cet album est un incontournable du rock psychédélique de la fin des années soixante. Sa réputation est telle que j’attendais qu’il me révèle des vérités transcendantales et que j’aie l’illumination pour un genre (le rock psychédélique) qui m’a, dans l’ensemble, toujours laissé de marbre. Et puis la pochette est quand même chouette et attirante. Malheureusement, The Psychedelics Sounds Of The 13th Floor Elevators n’est en aucun cas une révélation pour qui a déjà écouté des groupes comme les Grateful Dead ou Quicksilver Messenger Service, en gros les deux poids lourds d’une musique de camé, à mon sens trop perdue dans ses propres vapeurs pour être accrocheuse. Si les 13th Floor Elevators font partie de la même famille que les deux groupes suscités, il faut néanmoins nuancer ce propos en disant que leur musique puise également son origine dans le rock garage dans la lignée des Seeds ou des Electric Prunes quand ils sont énervés. Le disque est ainsi baigné d’une énergie éraillée, avec des guitares grinçantes et un chanteur plein de morgue, à tel point que l’on croirait entendre Janis Joplin crier sur l’introduction de You’re Gonna Miss Me. Les 13th Floor Elevators sont sans doute le groupe qui synthétise le mieux le rock garage et psychédélique, démontrant au passage que ces deux genres ont finalement un état d’esprit assez proche. Le problème c’est que je ne suis pas plus sensible au rock garage qu’au rock psychédélique, aussi la musique des 13th Floor Elevators me laisse globalement indifférent.

En fait, mon attention est accrochée lors du début de l’album car You’re Gonna Miss Me est un bon morceau et j’aime bien Splash 1 (Now I’m Home), un titre calme, pour ne pas dire mélodique, avec une atmosphère maîtrisée et planante. Une jolie chanson interprétée par un groupe improbable que l’on n’attendait pas forcément dans ce registre, car le reste de l’album est en effet éloigné de ces aspirations. Les chansons sont toutes calquées sur le même schéma et portées par une énergie déglinguée, cradingue sur les bords, noyée dans une atmosphère étrangement léthargique, qui semble comme aspirer les ondes dégagées par le groupe dans des vapeurs insondables. En fait on entend un peu tout et n’importe quoi dans la musique de ce disque, des Pink Floyd, aux Electric Prunes en passant par les Rolling Stones pré Beggar’s (oui, oui), un mélange de pop, de rock, de psychédélisme et de rythm & blues. Je trouve certains passages à la guitare vraiment bien sentis, notamment lors de certaines introductions (en particulier Thru The Rhythm et Tried To Hide que Supergrass semble avoir piqué sur une de ses chansons : à confirmer ; en parlant de cela Primal Scream semble également avoir pompé les arpèges de guitare de Roller Coaster sur un des titres de Riot City Blues), mais les promesses se diluent au fil de la musique qui s’enferme dans une atmosphère sous acide qui finit par faire se ressembler tous les morceaux, grand drame de la musique psychédélique, à mon sens.

Je sortirais néanmoins du lot Kingdom Of Heaven, un titre plus calme dans la lignée de Roller Coaster, vraiment bien fichu. En fait j’ai plus de mal avec les chansons nerveuses car ce sont elles qui subissent le plus le formatage psychédélique sous acide qui me gêne. D’ailleurs, le petit bruit qui fait ouhouhou (réalisé avec un electric jug apparemment) c’est marrant sur un morceau mais tout au long du disque, c’est un peu moins fun. Je conviens que The Psychedelics Sounds Of The 13th Floor Elevators est plus écoutable que les délires excessifs de Quicksilver Messenger Service, notamment grâce à ses inspirations plus terre à terre et proche du rock’n’roll, mais il n’empêche que le traitement psyché a filé un sacré coup de vieux à la musique, comme c’est généralement le cas dans ce le rock psyché, ce qui donne l’impression que c’était peut-être cool et branché type underground à l’époque mais que ça l’est beaucoup moins aujourd’hui.