The Thin Red Line (1999)



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1. The Coral Atoll
2. The Lagoon
3. Journey to the Line
4. Light
5. Beam
6. Air
7. Stone in My Heart
8. The Village
9. Silence
10. God Yu Tekem Laef Blong Mi
11. Sit Back and Relax




Thin Red Line, alias La Ligne Rouge, sans doute un des plus « beau » film de guerre qui existe, un des plus émouvant et poétique. La scène qui m’a le plus marqué, outre les sublimes plans au milieu des collines noyées sous les herbes ondulantes, reste celle du moineau, agonisant, se débattant sous le regard d’un soldat à couvert sous les assauts de l’ennemi. A mon sens, cette scène symbolise tout le film, et la bande son de Hans Zimmer restitue de manière stupéfiante la beauté onirique qui inonde le long métrage. Tout en retenue et en longues et lentes progressions orchestrales d’une subtilité à mourir, le compositeur arrive à créer une atmosphère si triste, mais si sobre et sincère dans son interprétation que la musique est d’une puissance émotive renversante. Le disque pourrait se résumer aux quatre premiers titres, d’une grâce et d’une justesse absolues. D’entrée on est subjugué par la majestuosité imposante mais jamais pesante de ces pistes qui semblent n’en former qu’une et qui évoluent avec une finesse fascinante et tétanisante (le thème fantomatique et les sections de violons de The Lagoon sont obsédants, la progression et le final de Journey To The Line sont sidérants de beauté, et puis Light quoi, sans oublier The Village et Silence qui font tout aussi preuve d’une tristesse insondable). Ces morceaux semblent porter en eux, incarner la désolation, l’errance et les questionnements métaphysiques des personnages du film, à propos de leurs actes, de la guerre, de la vie. De la musique qui confine au sublime, à l’essence, d’une richesse sans commune mesure, sur le fil du rasoir, aussi intense que discrète et déchirante. En fait, je n’ai pas envie de dire grand-chose de plus car la profondeur de la musique se résume à cela et il n’y a rien d’autre à dire, en rajouter serait briser l’équilibre et l’harmonie délicats et insensés qui ressortent du disque en tentant de trop expliquer et rationnaliser une musique qui se ressent avant tout, plus que jamais. Après avoir écouté cette bande sonore, on n’a même plus besoin de regarder le film, tant elle condense tout ce qui en fait sa grandeur.