Wincing The Night Away (2007)



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1. Sleeping Lessons
2. Australia
3. Pam Berry
4. Phantom Limb
5. Sealegs
6. Red Rabbits
7. Turn on Me
8. Black Wave
9. Spilt Needles
10. Girl Sailor
11. A Comet Appears




Je me suis penché sur le cas des Shins après avoir appris que le producteur des meilleurs albums de Built To Spill et Modest Mouse (rien que cela), Phil Ek, avait également produit deux disques des Shins : Chutes To Narrow (2003) et celui qui nous intéresse ici, Wincing The Night Away. La musique des Shins n’a cependant rien à voir avec celle de Built To Spill et de Modest Mouse, le groupe joue une pop classieuse, soigneusement arrangée, loin de l’énergie échevelée et de la radicalité des deux groupes suscités. Les chansons des Shins sont très propres, parfois trop, peinant à marquer les esprits, c’est de la pop variété, avec des inspirations douteuses par instant, aseptisée, à l’image du morceau final A Comet Appears qui donne l’impression que le groupe a trop écouté Jean Jacques Goldman (si, si). Le plus étrange dans l’histoire c’est que la musique dégage malgré tout un charme attachant, et même touchant. C’est joli, c’est mignon, c’est doux, inoffensif aussi, certes, mais attendrissant. En fait certains morceaux sont vraiment bons et sortent du lot. L’introduction Sleeping Lessons est emballante avec son break transformant une délicate complainte ouatée en chanson épique. Il faut reconnaître au groupe la faculté de rendre spontanée et réjouissante une musique qui pourrait paraître trop superficielle dans d’autres mains, comme le montre le sautillant Australia, le genre de morceau que l’on a entendu un millier de fois mais qui n'a pas trop de mal à convaincre. On n’est pas tout à fait dans la cour de Belle & Sebastian, mais pas si loin que cela finalement.

La seconde partie de l’album n’est toutefois pas aussi inspirée que la première partie (jusqu’à l’excellent Sealegs). Les Shins enchaînent alors les petits morceaux affublés de petites mélodies insignifiantes, cette fois-ci avec trop de légèreté pour être plus que de simples titres sans échantillon d’émotion. A côté, A Comet Appears est un sommet de douceur apaisante et sublime (oui, j’aime bien ce morceau en fait, une fois passée l’impression étrange d’écouter un vieux titre de Goldman). Wincing The Night Away alterne donc le bon et le moins bon, mais sans jamais tomber dans la médiocrité. Malgré quelques passages où les chansons défilent l’air de rien, sans que notre attention soit éveillée, le disque attire irrémédiablement la sympathie, car il sait rester modeste, et ne se fait jamais lourd ou trop complaisant et guimauve dans sa recherche de la mélodie juste. Un peu moins inventif qu’un Belle & Sebastian mais un peu plus vivant et attachant, car moins figé et sous contrôle, qu’un Camera Obscura. Maintenant, il faut que j’écoute Chutes Too Narrow qui possède une meilleure réputation que Wincing The Night Away (oui j’aime faire les choses à l’envers).