Behaviour (1990)



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1. Being Boring
2. This Must Be the Place I Waited Years to Leave
3. To Face the Truth
4. How Can You Expect to Be Taken Seriously?
5. Only the Wind
6. My October Symphony
7. So Hard
8. Nervously
9. The End of the World
10. Jealousy





J’avais des a priori sur les Pet Shop Boys mais sans savoir pourquoi, finalement, ni d’où je pouvais bien les tirer. Après tout, j’étais bien incapable de citer une seule chanson de ce groupe, pas plus que le genre auquel on le rattache, si ce n’est la vague étiquette d’une pop 80’s. Je suppose que c’est au fil de mes lectures musicales que j’ai fini par acquérir l’image d’un groupe pop aux relents eighties mais sans que je puisse en déterminer l’origine précise. Toujours est-il que le nom des Pet Shop Boys revenait parfois au fil de certaines conservations, présentant ce groupe comme un truc valable et intéressant bien que sortant des années 80. Je me devais donc, dans la perspective de ma propre lutte anti préjugés, d’écouter un album des Pet Shop Boys, histoire d’élargir mes horizons musicaux. Le disque le plus souvent cité comme étant le meilleur du groupe est Behaviour. Autant il arrive que certains a priori ne tiennent pas la route dès qu’on découvre la vraie vérité par soi-même, autant les préjugés se voient parfois confirmés d’une manière si criante que l’on a l’impression d’avoir toujours eu raison, comme si notre perception était si redoutable qu’elle ne pouvait être prise en défaut. Ce sentiment pré cognitif se double en général de l’impression d’avoir perdu son temps à écouter une musique que l’on savait, par avancer, ne pas aimer.

C’est exactement ce que je ressens avec Behaviour. Enfin, je ne serais peut-être pas aussi catégorique car la musique des Pet Shop Boys possède quelques trucs intéressants. Mais dans l’ensemble, je retrouve dans les chansons de Behaviour ce que je n’aime pas trop dans les productions des années 80. Certes, l’album est sorti en 1990, mais l’influence de la décennie précédente est si forte que l’on dirait que le groupe n’est pas tout à fait sorti de cette période. On a donc droit aux nappes de synthé, au beat métronomique, à la musique froide et peu rythmée, à certains effets désuets voire kitsch, le tout étant plutôt monotone. La cahier des charges de la pop 80’s est respecté. Heureusement certaines mélodies sont bien emballées et insufflent un peu d’âme à l’instrumentation autrement désincarnée. J’ai vraiment du mal à me faire à la manière dont sont utilisés les instruments électroniques. D’un autre côté, ce côté froid, austère et minimaliste, renforce le magnétisme de certaines chansons qui se veulent presque hypnotiques, comme My October Symphony.

Mais, même si Pet Shop Boys semble par moment proche de certains groupes que j’aime bien comme les Pixies (la guitare de The End Of The World est repompé à Here Comes Your Man) et surtout Mercury Rev (Jealousy annonce de manière hallucinante le Mercury Rev de Deserter’s Songs, il suffit d’écouter Endlessly pour s’en rendre compte), le groupe n’arrive jamais à se rendre aussi attachant, riche et chaleureux que ses collègues suscités (Deserter’s Songs plane largement au-dessus de Behaviour, même si cela ne porte pas injure à l’album des Pet Shop Boys : d’ailleurs, Mercury Rev, avec Deserter’s Songs, est sans doute le groupe qui a le mieux réussi à transformer l’héritage des années 80 pour en faire quelque chose de grandiose, les effets too much et la sensibilité à fleur de peau étant mis au service d’une musique aérienne, aérée et littéralement stratosphérique, quitte à en faire trop). Behaviour est loin d’être un mauvais album, il me semble même être un peu au-dessus de la production moyenne sortie durant les années 80, mais ce disque ne m’a pas apporté de révélation et ce n’est pas avec ce disque que je vais affirmer que les années 80 ont produit des choses enthousiasmantes (même si c’est le cas, la preuve avec Ocean Rain). Si ce disque est une des meilleures choses que les années 80 (je devrais dire la pop des années 80) aient pu produire alors, quelque part, mes a priori s’en trouvent confirmés, même si c’est loin d’être catastrophique.