Twin Cinema (2005)



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1. Twin Cinema
2. The Bones of an Idol
3. Use It
4. The Bleeding Heart Show
5. Jackie, Dressed in Cobras
6. The Jessica Numbers
7. These Are the Fables
8. Sing Me Spanish Techno
9. Falling Through Your Clothes
10. Broken Breads
11. Three or Four
12. Star Bodies
13. Streets of Fire
14. Stacked Crooked


Plus je découvre la scène canadienne de ces dernières années et plus je me dis qu’elle a peut-être produit les meilleures choses des années 2000. Elle a sans doute un côté hype propre à rebuter certaines personnes, n’empêche les artistes canadiens ont presque à eux seuls définis le pop/rock des années 2000, que ce soit évidemment Arcade Fire avec le monumental Funeral ou bien encore les New Pornographers. Le Funeral d’Arcade Fire atteint un niveau que les New Pornographers (et personne) ne semblent capables d’atteindre mais la troupe d’A.C. Newman partage avec ses compatriotes une musique qui mise énormément sur la fraîcheur et l’intensité des mélodies, dépoussiérant le rock dans la joie et la bonne humeur. Twin Cinema est un album abouti qui collectionne les bonnes chansons, avec cette fougue caractéristique, mélangeant riffs de guitare épileptiques et mélodies sublimes. J’adore tout particulièrement le début du disque qui commence sur les chapeaux de roue avec les trois premiers excellents titres qui définissent d’entrée la formule New Pornographers. Le groupe se singularise par sa formation protéiforme faisant appel à pléthores de musiciens de la scène canadienne, les plus connus étant Dan Bejar et Neko Case. Les morceaux chantés par Neko Case, souvent les plus calmes, sont savoureux et brillent par la délicatesse de leurs mélodies.

Twin Cinema est un bon album mais il lui manque quelques traits de génies pour être excellent. Les chansons ont tendance à s’enchaîner sans se démarquer outre mesure (sauf quand c’est Neko Case qui chante) et certaines manquent de conviction, en restant sur quelques idées sans les pousser au bout. Falling Through Your Clothes ne décolle jamais réellement alors que le chant aurait pu atteindre des sommets de beauté divine. Les délires légèrement déstructurés made in Dan Bejar, Jackie, Dressed In Cobras, Broken Breads et Streets Of Fire (avec son ambiance portuaire typique), se terminent prématurément comme s’ils étaient bridés. Le fait que les chansons soient presque toutes courtes (seules quatre pistes sur quatorze dépassent les quatre minutes) renforce certainement ce manque relatif de profondeur. Dans mes souvenirs Challengers, le disque suivant, m’avait laissé une plus grosse impression, même s’il faudrait que je confirme cela en le réécoutant. L’énergie est à peu près la même sur les deux albums et Twin Cinema annonce visiblement Challengers, mais la musique me semble plus percutante sur le second. Les chansons de Twin Cinema n’en reste pas moins agréables à écouter, avec une bonne dose de chouettes trucs (Twin Cinema, The Bones Of An Idol (la plus belle chanson de l’album avec une excellente Neko Case au chant, des guitares et un piano stratosphériques), Use It, The Bleeding Heart Show, These Are The Fables, le très pixien Three Of Four avec le chœur du mec très Frank Black), mais j’en garde une impression de léger manque. Ce n’est pas génial, juste bon.