Tenku no shiro Laputa / Castle in the Sky (1986)



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1. Sora kara Futtekita Shoujo
2. Suraggu Keikoku no Asa
3. Yukai na Kenka
4. Gondoa no Omoide
5. Shitsui No Pazu
6. Robot Hei
7. Gasshou Kimi wo Nosete
8. Shita no Ketsui
9. Tiger Moth Goo Nite
10. Hametsu he no Yochoo
11. Gekkoo no Unkai
12. Tenkuu no Shiro Laputa
13. Laputa no Hookai
14. Kimi wo Nosete


Dans mon esprit, Laputa a toujours été associé à Skies Of Arcadia. Il est évident que les films de Miyazaki ont été une grande source d’inspiration pour les créateurs de jeux vidéo. Après avoir écouté la bande sonore de Laputa, on peut en dire autant de Joe Hisaishi vis-à-vis des compositeurs de musique pour jeux vidéo, et plus particulièrement des jeux d’aventure japonais. J’ai écouté beaucoup plus d’OST de jeux vidéo que de films ou de dessins animés, mais ce qui m’a principalement sauté aux oreilles en écoutant la bande sonore de Laputa c’est la manière avec laquelle Joe Hisaishi défriche un nouveau territoire pour les apprentis musiciens, ou en tout cas délivre le parfait manuel du petit compositeur. A la limite on pourrait prendre les pistes une par une et retrouver un jeu vidéo s’étant inspiré du thème en question, ou plus généralement des situations archétypales que l’on retrouve dans un tas de RPG ou de jeux d’aventure. Cette impression est renforcée par la variété des musiques de Laputa, film qui propose des scènes très diverses en terme d’action, d’humour et d’émotion, comparé aux films plus sérieux ou plus torturés de Miyazaki. C’est aussi ce qui fait le charme de Laputa. On a donc des musiques qui suivent ce schéma dynamique, enlevé, parfois cahotique et hétérogène. On retrouve naturellement un thème fédérateur, le thème de Laputa, aux tons épiques et émouvants, qui revient au gré des pistes (Sora kara Futtekita Shoujo, Gekkoo no Unkai) parfois de manière chantée (Gasshou Kimi wo Nosete, Laputa no Hookai, Kiwi wo Nosete), mais le disque est parsemé de morceaux plus légers, représentant les passages burlesques et/ou effrénés du films, à l’image de Yukai na Kenka, qui pourrait figurer dans n’importe quelle OST de jeu vidéo où des méchants un peu crétins prennent en chasse le groupe de gentils, avec sa fanfare ronronnante, ses accélérations et ses instants de tension.

Les pistes Robot Hei et Hametsu he no Yochoo évoquent, quant à elle, l’arrivée d’un boss menaçant, et l’affrontement qui s’ensuit avec leurs nappes de claviers qui rappellent étrangement le rendu sonore que l’on retrouve dans les RPG des années 90 et renforcent ainsi la filiation du film avec sa descendance vidéoludique. Et alors que dire de Tiger Moth Goo Nite qui esquisse en deux minutes l’ambiance d’un village ou d’une tribu typiques avec son entrain bon enfant. Enfin, Tenkuu no Shiro Laputa est la piste qui me rappelle le plus fortement l’ambiance qui règne dans Skies Of Arcadia, on y retrouve presque exactement les mêmes inspirations, trop pour que le résultat soit le fruit du hasard, flirtant entre onirisme, mélancolie, espoir, appel à l’évasion (la descente à coup de violons est utilisée de la même manière dans le thème des combats du jeu de Sega). La bande sonore de Laputa est donc vraiment à l’image du film, parfois décalée et fofolle, parfois douce et mélancolique. Cette variété forge l’identité du disque, mais c’est aussi ce qui l’empêche, à mon sens, de voir plus haut, d’émouvoir et de prendre aux tripes, car on a par moment l’impression que la musique s’éparpille, parfois même au sein d’un seul morceau qui, bien que ne durant que trois ou quatre minutes, se trouve découpé en autant de parties. Mais bon, j’en reviens malgré tout au charme qui découle de la parenté entre les musiques que Joe Hisaishi a composées pour le film et tous les adeptes qu’elles ont inspirés pour l’avenir des musiques de jeu vidéo. J’apprécie le disque presque plus pour cela que pour la qualité même des morceaux.