Clouds Taste Metallic (1995)



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1. The Abandoned Hospital Ship
2. Psychiatric Explorations of the Fetus With Needles
3. Placebo Headwound
4. This Here Giraffe
5. Brainville
6. Guy Who Got a Headache and Accidentally Saves the World
7. When You Smile
8. Kim's Watermelon Gun
9. They Punctured My Yolk
10. Lightning Strikes the Postman
11. Christmas at the Zoo
12. Evil Will Prevail
13. Bad Days


Les albums des Flaming Lips font partie de ceux qui sont difficiles à appréhender et à cerner lors des premières écoutes. Il faut plusieurs tours dans le lecteur avant d’espérer percer les mystères de la musique du groupe américain. J’ai connu cela avec The Soft Bulletin, qui a fini par se révéler bien au-dessus des attentes que j’avais pues avoir suite aux premiers contacts plutôt tièdes, genre bien mais pas transcendant et facilement cernable, ce qui n’est pas du tout le cas (bien au contraire). Inutile de dire que la découverte d’Embryonic fut du même tonneau, même si pour le coup c’est compréhensible étant donné la démarche de cet album disons conceptuel. Mais je me méfie néanmoins, car si j’ai l’impression que la musique de ce disque n’est pas aussi profonde et riche que sa structure aléatoire le laisse paraître, je sens que je ne suis pas à l’abri, tôt ou tard, d’une révélation peut-être pas digne de The Soft Bulletin mais pas mal dans son genre. At War With The Mystics, quant à lui, semble être un cas à part même s’il hérite autant de The Soft Bulletin qu’il annonce certains côtés d’Embryonic. La musique n’est là pas aussi stratosphérique et mystérieuse que d’habitude, mais bien que cela semble évident, dieu sait encore ce que l’avenir me réserve pour cet album. Tout cela pour en venir à Clouds Taste Metallic qui fait également partie des disques qui ne se laissent pas apprivoisés avec une petite paire d’écoutes. Les Flaming Lips sont dans une période un peu braillarde et légèrement bruitiste où les guitares et les bruits étranges n’hésitent pas à venir parasiter les chansons. La musique n’en est pas hermétique pour autant, et derrière les quelques démonstrations de force se cachent des mélodies et une sensibilité qui annoncent The Soft Bulletin, sans en atteindre la puissance. La production est beaucoup plus roots, ce qui fait que le groupe ne possède pas encore ce souffle stratosphérique qui le fera planer au firmament pop quatre ans plus tard.

Ce contraste entre musique un peu musclée, voire rock pour le dire franchement, et les mélodies des Flaming Lips rend l’album intéressant, mais j’ai encore du mal à percer, à mettre le doigt sur le truc censé le propulser dans une nouvelle dimension. Il me manque peut-être juste ce supplément d’âme qui habite la musique cosmique de The Soft Bulletin, ou alors c’est juste une histoire de manque de cohésion. En comparaison, la musique de Clouds Taste Metallic a un peu de mal à décoller, si ce n’est lors de certains moments comme The Abandoned Hospital Ship (l’introduction électrisante), le très pop Psychiatric Explorations Of The Fetus With Needles, le nonchalant Brainville et l’intense Lightning Strikes The Postman (Worm Moutain quinze ans avant). Malgré le poids encore pesant de l’influence grunge (qui semblait gagner tout le monde jusqu’au milieu des années 90 et la mort de Kurt Cobain), avec l’omniprésence des guitares électriques (et dont Kim’s Watermelon Gun est l’étendard), on sent que les Flaming Lips sont loin d’être un groupe comme les autres. L’inventivité folle de leurs chansons éclate de manière brillante selon les moments avec des arrangements incongrus et débordants d’originalité et de vitalité qui démarquent le groupe dans le domaine de la pop et du rock. La musique des Flaming Lips est donc déjà très attachante et atypique, et Clouds Taste Metallic pose les jalons de la suite de la carrière du groupe même s’il n’atteint pas le sommet que constitue The Soft Bulletin.