Dig, Lazarus, Dig !!! (2008)



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1. Dig, Lazarus, Dig !!!
2. Today's Lesson
3. Moonland
4. Night of the Lotus Eaters
5. Albert Goes West
6. We Call Upon the Author
7. Hold On to Yourself
8. Lie Down Here (& Be My Girl)
9. Jesus of the Moon
10. Midnight Man
11. More News From Nowhere




De Nick Cave, j’ai seulement eu l’occasion d’écouter The Good Son qui est loin de m’avoir laissé un souvenir impérissable. Il faudrait que je le réécoute pour me rafraîchir la mémoire car, ce qui est sûr, c’est que Dig Lazarus Dig m’a donné envie de mieux découvrir la discographie de Nick Cave. Cet album est en effet totalement fun et réjouissant. On peut dire que malgré les années qui passent, Nick Cave semble conserver une intégrité et une foi à toute épreuve lui permettant de composer des morceaux rock percutants et pertinents. Dig Lazarus Dig est un disque très simple de rock roots, mais un disque réalisé avec passion et une véritable implication, ce qui se ressent à travers l’interprétation nerveuse du groupe et la voix de Nick Cave qui chante vraiment bien avec son timbre profond proche d’un Tom Waits en un peu moins déjanté. Les chansons dégagent ainsi une énergie farouche, intense. On sent que le disque est l’œuvre d’une bande de vieux routards à qui on ne la fait pas et c’est ce qui rend les morceaux encore meilleurs. Avoir la foi de cette manière, c’est merveilleux, je trouve. Le groupe balance ainsi des titres rock qui envoient la purée, mélangeant guitares tranchantes, passages limite noise et spontanéité presque punk, tout en gardant une évidente accessibilité mélodique (Dig Lazarus Dig, Today’s Lesson, Albert Goes West, Lie Down Here (& Be My Girl), Midnight Man). Today’s Lesson résume bien le disque, à mon sens. Ce morceau débute de manière très classique, on a le sentiment d’avoir affaire à un titre rock sympathique mais déjà vu et sans génie, jusqu’à ce que la musique, sans donner l’impression de changer, s’envole lors d’un final emballant qui transfigure littéralement le morceau. Je pense que l’essence de Dig Lazarus Dig est contenue dans cette chanson.

Ce disque ne paraît pas très surprenant, et dans l’absolu il ne l’est sans doute pas, pourtant il possède d’indéniables coups de génie qui font, d’un coup, voir la musique sous un nouveau jour et la transcende totalement pour l’élever bien au-delà de la simple musique rock de base. Ces passages illuminés révèlent les véritables qualités de l’album et opèrent comme des catalyseurs qui déclenchent une prise de conscience dans le cerveau de l’auditeur. C’est peut-être là que réside la magie de Nick Cave, en tout cas de Dig Lazarus Dig. Cela se ressent notamment sur les titres plus calmes comme Moonland, Hold On To Yourself et Jesus Of The Moon, dont la tension effleure telle une ombre menaçante qu’incarne à merveille la voix chamanique et possédée de Nick Cave. J’aime également le travail de la guitare sur Moonland qui livre quelques solos bizarrement dissonants renforçant l’aspect instable et désolé du morceau. Jesus Of The Moon, quant à elle, est sans doute la plus belle chanson du disque. Le final, More News From Nowhere, met encore davantage l’ensemble en valeur, grâce à son feeling blues nonchalant étiré sans se presser qui pourrait tout aussi bien ne jamais se terminer tant l’atmosphère de ce morceau est délicieuse et si attachante. Mettre ce morceau en conclusion est une nouvelle preuve de l’intelligence et de la roublardise de Nick Cave qui sait parfaitement mettre l’auditeur dans sa poche avec trois fois rien pour mieux lui donner l’impression définitive d’avoir écouté un album qui respire l’énergie rock la plus réjouissante qui soit.