Silent Alarm (2005)



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1. Like Eating Glass
2. Helicopter
3. Positive Tension
4. Banquet
5. Blue Light
6. She's Hearing Voices
7. This Modern Love
8. The Pioneers
9. Price of Gasoline
10. So Here We Are
11. Luno
12. Plans
13. Compliments


Bloc Party a connu son quart d’heure de gloire à l’époque de la sortie de Silent Alarm, mais semble être peu à peu tombé dans une relative indifférence. C’est le genre de groupe qui représente à merveille le phénomène de hype qui a baigné les années 2000, les révélations rock se succédant jour après jour avant de disparaître et de ne laisser que de vagues souvenirs. Il est sans doute plus facile de se rendre compte après coup des limites affichées par certains de ces groupes qui n’ont jamais su concrétiser leur premier essai. On peut justement se demander si le disque ayant révélé ces groupes était si bon et les suivants vraiment moyens ou si l’effet de masse a provoqué une surévaluation du premier disque confirmée, avec le recul, par la qualité mitigée des opus suivants. Je n’ai pas écouté les autres albums de Bloc Party mais, en tout cas, Silent Alarm n’a rien de fabuleux et je ne vois pas ce que l’on a pu lui trouver à l’époque de sa sortie. Il faut dire que ce n’est pas le genre de musique que j’apprécie outre mesure, car le groupe puise ses influences dans le rock des années 80, très rigide, paré de guitares tranchantes mais sans imagination, très cadrées, un peu dans la veine de groupes comme Gang Of Four ou des premiers Echo & The Bunnymen. Le groupe mise tout sur l’énergie punk artysante, mais il n’y a aucune mélodie, les parties instrumentales sont pauvres à base de quelques notes esquissant un semblant de mélodie et d’accords grattés avec nervosité mais sans feeling. On peut en dire autant du chant qui tente tant bien que mal d’exister mais reste très limité, il essaie d’apporter sa morgue mais demeure assez neutre et ne prend jamais aux tripes.

Silent Alarm souffre du syndrome de l'album dont les chansons se ressemblent presque toutes car moulées dans une structure identique, monolithique, froide et sans saveur. Cela donne l’impression d’être plein d’énergie, de pulser, de rebondir partout mais en fait c’est juste plat, trop rectiligne et monotone pour être enthousiasmant. A vrai dire, j’ai quand même retenu un morceau, vraiment bon, celui qui introduit le disque : Like Eating Glass. Formellement ce morceau ressemble à tous les autres, une guitare répétitive, un chant criard mais le pauvre refrain balancé en roue libre à la fin possède une véritable urgence à moitié écorchée qui trouve la faille dans la carapace austère de la musique. Mais cela, on ne le retrouve nulle part ailleurs sur l’album et c’est bien dommage. Et ce ne sont pas les titres plus calmes et consensuels comme Blue Light, The Modern Love ou So Here We Are qui apportent une solution. Ils permettent au moins de ne pas étouffer sous l’énergie pesante des autres morceaux, en aérant un peu l’ambiance, mais ces chansons restent aseptisées et gentillettes. Bloc Party a une imagination définitivement trop limitée. Le pire c’est que Silent Alarm n’est même pas un album dérangeant ou chiant, c’est juste moyen, impersonnel, on ne retient pas grand-chose de ce qui passe dans nos oreilles. On a le sentiment que n’importe quel groupe de base pourrait jouer cette musique. Je veux dire même les Strokes, groupe pourtant oh combien limité, possèdent plus d’imagination et sont largement plus accrocheurs que Bloc Party (en fait j’aime bien les Strokes). Bloc Party peut donc rejoindre les Arctic Monkeys au rayon des fausses anciennes nouvelles sensations.