I Am The Cosmos (1992)



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1. I Am the Cosmos
2. Better Save Yourself
3. Speed of Sound
4. Get Away
5. You and Your Sister
6. Make a Scene
7. Look Up
8. I Got Kinda Lost
9. There Was a Light
10. Fight at the Table
11. I Don't Know
12. Though I Know She Lies
13. I Am the Cosmos (Slow Version)
14. You and Your Sister (Country Version)
15. You and Your Sister (Acoustic Version)


I Am The Cosmos réunit toutes les caractéristiques du trésor caché, de la petite perle mésestimée. Œuvre solo posthume d’un des deux membres éminents du groupe culte Big Star (l’autre membre étant Alex Chilton) sorti en 1992, soit 14 ans après la mort de Chris Bell, mais bel et bien enregistré durant les années 70, ce disque s’inscrit parfaitement dans la continuité de la musique de Big Star. On a donc droit à de la pop finement ciselée, avec de jolies mélodies et quelques guitares un peu plus nerveuses de temps en temps. En fait, il n’y a pas grand-chose à dire de plus à propos de cet album. Les fans de Big Star adoreront et trouveront là un opus plus ou moins obscur à redécouvrir à rajouter aux trois premiers albums du groupe, et les autres ne verront rien d’autre sous le soleil qu’une musique très agréable à écouter, de la pop dans le sens le plus pur du terme, mais sans l’étincelle, sans la petite fissure qui insufflerait un peu plus d’âme aux chansons afin de les rendre vraiment attachantes. En ce qui me concerne je fais partie de la seconde catégorie. Il m’est impossible de dire quelque chose de foncièrement négatif à propos de I Am The Cosmos, car c’est un bon album, mais ce n’est pas le genre de disque qui me fera sauter au plafond ou qui est capable de vraiment me marquer. C’est bien fichu, bien composé, bien exécuté, mais parfois trop lisse, trop parfait en quelque sorte, sans ce petit décalage, ce petit détail ou ce léger grain de folie qui, en général, illuminent les plus grandes chansons pop.

Je me retrouve donc avec le même genre de sentiment que m’inspire la musique de Big Star, si ce n’est que Big Star me semble néanmoins un peu plus percutant et incisif lors de ses fulgurances (en témoigne un tube comme In The Street, chose que l’on ne retrouve pas sur l’album de Chris Bell) tout en conservant une légèreté, pour ne pas dire une insouciance, subtile et communicative. D’ailleurs, ce que je reprocherais finalement au disque de Chris Bell c’est de débuter par des chansons qui plombent d’emblée la dynamique, car les trois premiers titres sont les plus longs de tout l’album, on le sent notamment sur Better Save Yourself qui se traîne et sur Speed Of Sound qui est beaucoup trop long pour pouvoir surfer sur son minimalisme exotique sans paraître interminable. Par la suite, les choses s’accélèrent un peu et c’est tant mieux, même si la seule véritable illumination vient, à mon sens, de Look Up qui est une très belle chanson. Le reste se partage entre balades pleines de sensibilité (I Am The Cosmos, You And Your Sister, There Was A Light, Though I Know She Lies) et morceaux plus rock (Get Away, Make A Scene, I Got Kinda Lost, Fight At The Table, I Don’t Know) mais plutôt conventionnels qui soulignent à quel point Badfinger et Big Star étaient, en effet, des groupes très proches en terme de son et d’inspiration. Globalement, il n’y a pas de quoi s’extasier devant I Am The Cosmos, c’est « juste » de le bonne pop made in années 70, mais pas au point d’avoir une révélation quand on a déjà entendu du Big Star (c’est sans doute naïvement ce à quoi je m’attendais, je suis sans doute trop sensible envers des bouquins comme « Rock, pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels »).