The Atomic Basie (1957)



...

1. The Kid From Red Bank
2. Duet
3. After Supper
4. Flight of the Foo Birds
5. Double-O
6. Teddy the Toad
7. Whirly-Bird
8. Midnite Blue
9. Splanky
10. Fantail
11. Li'l Darlin'




Ce disque de Count Basie représente bien ce qui me laisse totalement insensible dans le cool jazz des années 50, une musique de club, très classe mais sans aspérité, aseptisée. Je pourrais m’arrêter là, car je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus à ce sujet, tant ce genre de musique ne m’inspire rien, si ce n’est une vague indifférence. Il m’est impossible de juger la musique sur quelque critère que ce soit. Je n’y connais rien en technique instrumentale et je ne ressens rien, à l’écoute de ce disque, qui puisse s’apparenter à une mélodie ou à un feeling qui me touchent. Je ne peux même pas dire que les morceaux sont mauvais d’un de ces deux points de vue, surtout du second car à vrai dire c’est toujours dans cette optique que je cause d’un album, bref je ne peux rien en dire car je n’ai rien à me mettre sous la dent. Et pourtant il faut reconnaître que ce n’est pas forcément inhérent au genre car j’ai réussi à trouver des trucs intéressants et accrocheurs dans le Time Out de Dave Brubeck, même si les morceaux en question sont vachement connus même si on ne sait pas d’où ils sortent à l’origine, mais là, sur ce disque de Count Basie aucun morceau pour se démarquer de l’autre, toujours cette atmosphère de swing big band vachement classieuse et impersonnelle. Aucune fulgurance, aucun thème singulier, rien. En fait je pense qu’une partie du problème réside dans le fait que les quelques disques de jazz sortis durant les années 50 que j’ai eu l’occasion d’écouter sont des œuvres reconnues, des sortes d’incontournables. C’est normal quand on veut découvrir un genre dont on ignore presque tout, si ce ne sont des clichés. A ce propos, j’ai le regret de dire que l’album de Count Basie qui nous intéresse ici correspond parfaitement aux clichés que j’avais pu avoir à propos du jazz : une musique à papa ronronnante pour fond sonore. C’est peut-être justement la preuve que ce disque est génial ! Tiens, je n’avais pas pensé à cela.

Enfin bref, je n’ai écouté que des soi-disant chefs-d’œuvre (pas énormément, mais une petite poignée), du coup je n’ai aucune autre référence pour juger de la qualité de ces albums. En gros, il me faudrait écouter une daube jazz des années 50 pour me rendre compte de la différence et ainsi du véritable génie des plus grands albums du genre. C’est en effet en écoutant de la merde que l’on apprend à apprécier certaines choses. D’ailleurs, quand il me prend l’envie de mater les derniers clips sortis, histoire de saisir les vibes sonores de notre époque, je ne sais pas pourquoi mais j’ai un besoin irrépressible de m’envoyer un bon vieux disque traînant sur mes étagères, n’importe lequel, à la limite (et pourtant je possède quelques trucs louches). Mais je m’égare. Ce qui est étrange, en fait, c’est que j’ai l’impression qu’aucun disque de jazz sortis durant les années 50 ne peut être mauvais. Non mais est-ce que quelqu’un peut me citer un seul album dans le genre réputé mauvais de manière totale et unanime ? Mon ignorance me rattrape une nouvelle fois car je ne suis pas capable de répondre à cette question, donc je ne peux pas non plus affirmer de manière crédible que cela ne confirme qu’une seule chose : il est humainement impossible de saisir la différence entre un bon disque de jazz et une daube. Donc je demande à écouter une vraie daube jazz, même si je sais que je serais incapable de déceler la différence entre ce disque de Count Basie, par exemple. Si ce n’est pas le cas, si je constate vraiment une différence, alors je pourrais enfin dire que le feeling de Count Basie, finalement, n’est pas si mal, qu'il est si subtil et soyeux qu’il relègue tous les autres artistes au rang de boîte de conserve sans âme.