Trafalgar (1971)



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1. How Can You Mend a Broken Heart
2. Israel
3. The Greatest Man in the World
4. It's Just the Way
5. Remembering
6. Somebody Stop the Music
7. Trafalgar
8. Don't Wanna Live Inside Myself
9. When Do I
10. Dearest
11. Lion in Winter
12. Walking Back to Waterloo



Avec Trafalgar, les Bee Gees sont encore dans leur période pop et leur musique est toujours aussi soignée mais passe partout. On a le sentiment que l’album est exactement dans la lignée d’Odessa (agréable mais pas transcendant, bien mais pas génial) mais il se révèle en fait encore plus anodin que son grand frère. Tout en conservant une atmosphère à peu près similaire avec un style de pop classieuse, Trafalgar mise beaucoup plus sur les effets larmoyants. En vérité, la plupart des chansons sont des ballades un peu sirupeuses qui se révèlent au final plus pesantes que les élans symphoniques d’Odessa qui conservaient malgré tout une certaine fraîcheur. Les chansons sont encore composées principalement à la guitare acoustique mais les arrangements de corde et de chœurs omniprésents et les mélodies éplorées surchargent la musique qui ne renoue jamais réellement avec l’apparente simplicité d’Odessa. Bref, tout semble encore plus convenu sur Trafalgar. C’est de la jolie musique bien emballée et émotionnante à souhait et ça ne vise pas plus, en témoignent des titres aussi niais que How Can You Mend A Broken Heart, The Greatest Man In The World, Remembering, Dearest et When Do I. Rares sont les morceaux un peu plus énergiques que la moyenne. Israël est sans doute le plus intéressant d’entre eux avec ses influences soul qui tranchent par rapport au reste du disque. La musique est, ici, toujours aussi conquérante, voire too much, empilant les cavalcades orchestrales au fil des minutes mais la tension est vraiment palpable, notamment car le chant se fait rageur.

Le meilleur titre reste cependant Don’t Wanna Live Inside Myself, une chanson qui, sans pour autant rompre avec l’ambiance affectée du disque, est beaucoup plus captivante, en partie grâce à son refrain dans le genre tétanisant entre la progression de cordes et le chant tout en retenue. C’est à peu près le seul morceau à ne pas faire dans l’émotion de pacotille (même si les couplets ne sont guère mieux que sur les autres titres). On peut également retenir Trafalgar dont l’introduction ressemble énormément aux Beatles, confirmant l’influence que le groupe anglais a exercé sur les Bee Gees durant leur période pop. Mis à part ces deux ou trois titres, le disque ne propose pas grand-chose de palpitant à se mettre sous la dent. Trafalgar c’est l’apologie du consensus mou. Dans son genre, la musique pour salon de retraités, on ne peut pas critiquer cet album car c’est vraiment du travail de professionnel, maîtrisé au poil de couille près. Tout est carré, rien ne dépasse, ou alors très peu de choses, pas assez pour extirper le disque de son ambiance doucereuse et sentimentalo ampoulée. La musique des Bee Gees est globalement inoffensive, elle n’est pas désagréable mais ne provoque pas non plus d’enthousiasme. Mais il faut avouer qu’il y a quand même plus d’idées intéressantes dans Odessa que dans Trafalgar qui est encore plus quelconque.