Rejoicing In The Hands (2004)



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1. This Is the Way
2. A Sight to Behold
3. The Body Breaks
4. Poughkeepsie
5. Dogs They Make up the Dark
6. Will Is My Friend
7. This Beard Is for Siobhán
8. See Saw
9. Tit Smoking in the Temple of Artesan Mimicry
10. Rejoicing in the Hands
11. Fall
12. Todo los dolores
13. When the Sun Shone on Vetiver
14. There Was Sun
15. Insect Eyes
16. Autumn's Child


J’ai découvert Devendra Banhart avec l’excellent et très long Cripple Crow. A l’opposé, Rejoicing In The Hands est un album moins opulent, plus simple, plus dépouillé, tout en guitares acoustiques respectueuses des racines du folk sans pour autant négliger quelques arrangements de cordes qui vont bien sur quelques morceaux. J’avais peur de me retrouver avec un folk austère et peu accessible car les titres folks de Cripple Crow ne sont pas ceux qui ont ma préférence. Mais Rejoicing In The Hands est un album qui se révèle assez vite agréable en nous faisant pénétrer en douceur dans l’univers étrange de Devendra Banhart. La musique est plutôt lumineuse avec des mélodies parfois bizarres, bien aidées par la voix chevrotante de Banhart, mais qui font souvent mouche et se révèlent plus touchantes qu’il n’y paraît. Sous leurs airs de musique pour hippies perchés, complètement à côte de la plaque, certaines chansons sont jolies et accrocheuses. Devendra Banhart ne tombe pas dans le psychédélisme de bazar et s’exprime avec sincérité. Alors on pourra s’étonner, par moment, de la ressemblance troublante entre son timbre et celui de Marc Bolan. Le mimétisme est vraiment bluffant, notamment sur certains morceaux en particulier. Même l’univers folk étrange du disque est très proche de la musique que jouait Bolan lors de ses débuts avec Tyrannosaurus Rex : une ambiance mystique tissée par quelques accords et notes de guitare acoustique et une voix chevrotante au trémolo prononcé.

Devendra Banhart s’est sans doute beaucoup inspiré de la musique de Tyrannosaurus Rex, mais il parvient toutefois à s’en éloigner grâce à la qualité de ses compositions qui sont plus élaborées que celles du Marc Bolan première période. Les mélodies sont plus riches, plus variées, et même si elles ne sont pas toutes au même niveau, elles sont moins limitées et répétitives. Banhart arrive ainsi à alterner entre chansons calmes (The Body Breaks, Will Is My Friend, Autumn’s Child) et titres un peu plus rythmés (This Beard Is For Siobhan qui s’emballe surtout à la fin, Fall) voire intense (A Sight To Behold), sans toutefois atteindre la vivacité de certains titres de Cripple Crow comme le génial Little Boys. Rejoicing In The Hands est cependant loin d’être parfait. A vrai dire, j’apprécie moins les titres qui essaient de proposer quelque chose de décalé avec trois fois rien et reposant sur des gimmicks sommaires (Poughkeepsie, See Saw, Rejoicing In The Hands, Todos los Dolores, Insect Eyes) qui, pour le coup, semblent vraiment pompés à Tyrannosaurus Rex. En fait je n’aime pas quand Devendra Banhart est dans son trip délire au folk trop mystique qui n’apporte pas grand-chose. Je préfère les morceaux vraiment reposants et bucoliques comme This Is The Way ou plus touchants à l’image de The Body Breaks. Malgré son côté accessible, Rejoicing In The Hands n’est pas non plus débarrassé des morceaux freak un peu chiants qui ont participé à la renommée de Devendra Banhart. Le disque est quand même plutôt convaincant et réserve de jolis moments même si je préfère Cripple Crow, plus éclectique, plus spontané et réjouissant.