Neptune City (2007)



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1. Maybe Tonight
2. Together We're Both Alone
3. The Way It Is
4. Cool Enough
5. War Torn
6. Love Surreal
7. Neptune City
8. Brooklyn's on Fire !
9. Kill the Headlights
10. Party's Over





Nicole Atkins est une artiste singulière et complexe à appréhender. Son énorme talent vocal, tétanisant et d’une puissance phénoménale, semble l’inscrire dans la lignée éculée des chanteuses au coffre imposant qui n’ont pas arrêté de fleurir ces dernières années dans la foulée d’Amy Winehouse (paix à son âme). Soit un ersatz de plus qui n’existe qu’à travers la puissance de sa voix. Cela semble se confirmer avec les compositions de Neptune City, extraverties, expressives au point de paraître ostentatoires, riches d’arrangements opulents qui flirtent parfois avec l’overdose. C’est le genre de musique qui, a priori, me fait fuir, une sorte de variété presque vulgaire, outrancière, où l’étalage de l’interprétation et les sons fastueux, voire pompeux, cherchent à annihiler le jugement de l’auditeur en le plongeant dans un univers trop ouvertement emballant et positif, sans aspérité, qui fait semblant de flatter ses sens pour mieux lui cacher l’absence de nuance, de profondeur et de sincérité. Neptune City correspond exactement à cette description, au détail près qu’il transcende son genre. Son théâtralisme grandiloquent, au premier abord, déborde d’une vitalité inaliénable, d’une énergie contagieuse et d’une richesse émotive étonnante, et ce en grande partie grâce à la voix de Nicole Atkins qui, sous ses airs de diva imposante, maîtrise des subtilités d’une justesse et d’une beauté sublimes, pleines de chaleur, et de sensibilité. Toucher en plein cœur, remuer, émouvoir, sans avoir peur d’étaler tout son talent et sa puissance vocale, est sans doute l’aspect le plus miraculeux du disque.

La chanteuse est bien soutenue par la musique qui cumule les couches d’instruments produites avec un luxe bouillonnant et éclatant. C’est parfait, et à la fois si sensible, à l’image de ces vagues de guitares sur la fin de Cool Enough ou en introduction de War Torn. De manière générale les guitares sont formidablement bien utilisées, se fondant dans le paysage sonore épique, tout en restant en suspend, aériennes, insufflant une poésie et une nostalgie émouvantes. Chaque chanson est une véritable démonstration de force, d’une grâce à couper le souffle, tout en conservant une sorte d’équilibre fragile qui contribue au charme envoutant de la musique. Neptune City fait partie des disques débordant d’une telle passion, d’une telle ardeur, qu'ils nous prennent aux tripes, et semblent capter les tumultes de la vie, dans toutes ses contradictions, irréductibles et insaisissables : l’énergie, le foisonnement, la foi, le déchirement, la nostalgie du temps qui passe… La grandiloquence a parfois du bon dès lors qu’elle est assumée et permet de transmettre des sentiments de manière tellement passionnée que l’on ne peut que se laisser emporté par les émotions déferlantes. Neptune City est une œuvre passionnante, émouvante, déchirante, un tour de force qui s’efface peu à peu pour laisser uniquement la place à la force brute et envoutante, à l’ivresse transperçante de la musique.