The Pirate's Gospel (2004)



...

1. The Rifle
2. Foreign Tongue
3. The Pirate's Gospel
4. Pink Roses
5. My Tired Feet
6. Gypsy Eyes
7. Pieces of String
8. Mother's Love
9. Somethin's Gone Awry
10. Heavy Walls
11. Laundromat Lady
12. Clickity Clack
13. Pigeon Song
14. Oh! My Mama
15. Sister Self


Dans la grande famille du revival folk des années 2000, Alela Diane semble se situer au milieu du gué, entre l’héritage conservateur des ancêtres et une approche un peu plus moderne, dans le sens où la chanteuse adopte quelques penchants décalés dans sa manière de chanter, typiques de la scène folk du début du nouveau millénaire (dans le genre Devendra Banhart, Coco Rosie, Joanna Newsom, tout ça). Dans l’ensemble la musique d’Alela Diane reste néanmoins très classique, pour ne pas dire sage et peu aventureuse. Les chansons sont dépouillées, Alela Diane chantant seule accompagnée de sa guitare égrainant des arpèges folk, lorgnant parfois vers l’americana. En fait, la particularité de la demoiselle c’est sa voix, très profonde, gorgée d’un truc étrange, une sorte de soul mystique. Pour tout dire, j’ai un peu de mal à accrocher à la musique de The Pirate’s Gospel. Les chansons me paraissent trop gentilles, trop discrètes, sans doute car elles semblent trop ancrées dans des inspirations traditionnelles américaines, avec une atmosphère austère. Ce qui est certain c’est qu’Alela Diane ne révolutionne pas le folk et n’apporte pas grand-chose, à mon sens, dans le renouveau folk des années 2000. Sa musique est trop sobre, et The Pirate’s Gospel ne donne pas l’impression d’entendre quelque chose que l’on n’aurait pas entendu ailleurs. Je reste peut-être trop allergique aux chansons basées uniquement sur des arpèges de guitares acoustiques qui se ressemblent presque toutes. Le disque manque clairement de ruptures de ton et de style (les seules accélérations sont dans la veine de The Pirate’s Gospel, la chanson, c’est dire le calme plat qui règne du début à la fin du disque). Avec le temps, la voix d’Alela Diane finit néanmoins par se révéler et soutient quelques chouettes mélodies, en apportant la véritable touche de personnalité qui manque à la composition instrumentale. Certaines chansons sortent du lot, d’ailleurs le début de l’album est très bon avec les trois premières chansons (passé les Tired Feet répétés qui introduisent très mal le disque). Le niveau baisse un peu après The Pirate’s Gospel et tombe un peu dans le banal répétitif, hormis avec Clickity Clack qui possède une ambiance tout aussi mystique qu’amusante avec son excellent refrain décalé, et avec Oh ! My Mama et son utilisation très réussie des sempiternels accords qui marchent (Do, La mineur, Mi mineur). Au demeurant The Pirate’s Gospel est un bon album de folk dépouillé, avec une chanteuse possédant une voix intéressante, mais son austérité, à peine compensée par l’expressivité du chant, a du mal à me conquérir totalement. Disons que dans le revival folk, je préfère les démarches plus audacieuses, plus décalées, ludiques, originales, comme le Devendra Banhart de Cripple Crow, Andrew Bird et sa Mysterious Production Of Eggs ou même Joanna Newsom. Comparée à ces artistes, Alela Diane, malgré quelques bons moments, reste bien trop fidèle à la tradition folk pour être transcendante.