How I Learned To Love The Bootboys (1999)



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1. The Rubettes
2. 1967
3. How I Learned To Love The Bootboys
4. Your Gang, Our Gang
5. Some Changes
6. School
7. Johnny & The Hurricanes
8. The South Will Rise Again
9. Asti Spumante
10. Sick Of Hare Krisna
11. Lights Out
12. Future Generation



Ce quatrième album des Auteurs est déroutant. Pourtant le groupe nous a habitué à évoluer, c'est certain. Si leurs trois premiers disques jouent dans une veine pop rock classique, ils abordent, chacun à leur façon, le genre d'une manière différente, renouvelée, donnant une vision constamment changeante des compositions de Luke Haines, tantôt bijoux pop acoustiques (New Wave), tantôt rock aérien inclassable (Now I'm A Cowboy) ou nerveux et cru (After Murder Park). Avec How I Learned To Love The Bootboys, le groupe entre dans la dimension electro. Les mélodies ciselées de Luke Haines sont agrémentées de claviers, de sons divers, laissant les guitares au second plan. Des chansons comme The Rubettes ou Johnny & The Hurricanes ont de quoi déconcerter. Luke Haines semble vouloir atteindre une dimension musicale cosmique, ses refrains se font toujours plus grandioses, soulevés par des nappes de claviers saisissantes. Le son de l'album contribue à façonner cette atmosphère étrange, branchée en direct de l'espace. How I Learned To Love The Bootboys, la chanson, donne l'impression d'être à bord d'une navette spatiale, planant à vingt mille, secouée par les bruitages et la voix panoramique de Luke Haines, qui nous embarque dans un trip intersidéral. On retrouve ces même sensations sur le glauque Asti Spumante, le sidéral Lights Out, et School, amorçant la descente avant le trip hallucinatoire, Johnny & The Hurricanes, un titre qui illustre à merveille l'univers étrange de l'album.

D'autres chansons conservent une écriture plus classique, comme le magnifique 1967 (et ses élans nostalgiques "In 1967, no pop in our record collection, the Beatles and Stones mean nothing to us"), le délicat Some Changes, ou le superbe final Future Generation. Le genre de morceaux que l'on aurait très bien imaginé figurer sur Now I'm A Cowboy, si les sons électroniques ne s'immiscaient pas partout. A côté on trouve des bizarreries géniales, parmi les plus belles réussites des Auteurs, à commencer par le fou dans sa tête et radical Your Gang, Our Gang, une bombe rock au riff anthologique, qui, en moins de deux minutes, renverrait presque Lenny Valentino au placard. Puis le semi délire bouddhiste, Sick Of Hari Krishna, zenifiant comme un shoot de drogue. How I Learned To Love The Bootboys est ainsi l'album le plus atypique des Auteurs. Sa courte durée (trente cinq minutes) renforce la sensation d'avoir fait un voyage express de la Terre à la Lune, transporté par des morceaux étrangement pop, curieusement electro, parfois déroutants, souvent excellents. L'ensemble manque, peut-être, un peu de châleur, de fulgurances totales, mais les Auteurs offrent, pour leur dernier tour de piste, un album à leur image, insaisissable, étonnant et singulier.