H.P. Lovecraft - La couleur tombée du ciel


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Première parution :
. Le cauchemar d'Innsmouth 1931
. La couleur tombée du ciel 1927
. L'abomination de Dunwich 1928
. Celui qui chuchotait dans les ténèbres 1930
Edition : 2000 Folio SF n°4 (336 pages)









Il est difficile de se repérer dans l'oeuvre de Lovecraft. Quand on parle de cet auteur, on cite directement le Mythe de Cthulhu, mais en soit, cette appelation ne correspond à rien de tangible et de précis de l'oeuvre de Lovecraft. Ce sont les fans de l'auteur américain qui ont établi la liste des nouvelles (une petite dizaine) se rapportant à ce que l'on nomme désormais le Mythe de Cthulhu. Ces nouvelles ont comme point commun de tracer une mythologie singulière, peuplée de créatures antédiluviennes vivant dans les abymes en attendant l'heure de réapparaître et de dominer à nouveau le monde. Les quatre nouvelles du recueil, ici présent, font partie du Mythe de Cthulu et ont donc un postulat à peu près identique. Les créatures veillent, et les Hommes qui se risquent à les approcher de trop près mettent en danger leur santé mentale et physique. Chez Lovecraft, tout se réalise lentement et dans une horreur qui se veut la plus totale (en théorie, mais ses récits ne sont pas très effrayants). Le style est très descriptif, voire uniquement descriptif, les dialogues étant presque absents. L'auteur s'attache à dresser un tableau repoussant, des créatures, des décors, ou des personnages, en insistant sur le côté, paradoxalement, indescriptible et incompréhensible d'une mythologie ancestrale qui dépasse l'entendement humain.

On peut reprocher à Lovecraft une tendance à se répéter. Ses nouvelles se ressemblent beaucoup, autant dans le fond que dans la forme, avec des expressions qui reviennent sans cesse et une atmosphère recyclée que l'on finit par connaître par coeur. On se lasse, par exemple, de sentir venir à dix kilomètres la description de la bête/forme/couleur "qu'on ne saurait restituer par des mots" ou "qu'aucun qualificatif ne pourrait décrire, sans diminuer l'impact qu'une telle vision peut avoir sur l'esprit humain". S'il est un auteur qui ne surprend pas, c'est bien Lovecraft. Autant si l'on aime son univers on pourra lire toutes ses nouvelles sans forcément être déçu, autant si l'on n'accroche pas trop, on sera fixé dès la première lecture (ce qui n'est pas plus mal). Ce qu'il y a de bien avec ce recueil paru chez Folio SF, c'est qu'il réunit quatre des nouvelles les plus réputées de Lovecraft, donc on pourra se faire une idée assez juste de l'auteur sans forcément culpabiliser de ne pas avoir lu le meilleur. S'il fallait ne garder qu'une des quatre nouvelles, je choisirais sans doute Le Cauchemard d'Innsmouth, la plus complète et maitrisée, d'un point de vue narratif (disons qu'il y a un peu plus de suspense et d'action que dans les autres nouvelles). Donc, un bon recueil pour être fixé et savoir si on apprécie ou non le style Lovecraft. Si on est moyennement emballé, je pense qu'il est inutile de trop insister, même s'il n'est pas défendu, par curiosité, d'essayer d'autres nouvelles...