Serge Brussolo - Ce qui mordait le ciel


...

Première parution : 1984
Edition : 2003 Folio SF n°144 (224 pages)
Quatrième de couverture :
Rien de plus varié que les rituels funéraires des planètes habitées. Mais pour la Compagnie Intergalactique de Pompes Funèbres, il n'existe aucun cérémonial, si compliqué soit-il, dont elle ne puisse s'acquitter. Du moins en principe. Et sauf erreur... Comme celle qui consiste à expédier à la mauvaise adresse et sous la mauvaise étiquette un produit destiné à développer autour du cadavre un agglomérat cristallin indestructible. C'est ce qui s'est passé sur la planète Sumar, où de gigantesques ruminants, les thomocks, ont été vaccinés avec ledit produit. Dépêché sur Sumar par la C.I.P.F. pour rendre compte de la situation, David débarque dans un monde en pleine métamorphose auquel les autochtones tentent de s'adapter, ajoutant leur folie à celle du paysage.



Serge Brussolo livre avec Ce qui mordait le ciel, un bouquin atypique, entre deux eaux. L'auteur nous fait profiter de son imagination originale en se permettant à peu près toutes les fantaisies, aussi rocambolesques les unes que les autres (mais après tout on parle de science-fiction), dans une histoire somme toute banale, qui fait de ce bouquin un passe temps très sympathique mais pas inoubliable. Quoique l'univers créé par Serge Brussolo, bien que tiré par les cheveux, arrive à marquer par son absurdité. Le livre se présente comme une visite à travers les différentes communautés qui composent la planète Sumar, communautés qui ont été obligées de s'adapter face à la multiplication des sépultures de cristal nées sur les dépouilles des thomocks, et qui commencent à recouvrir la surface de la planète. On a ainsi des communautés aux croyances toutes aussi différentes les uns que les autres et qui s'adaptent en conséquence, à l'image des immobilistes, qui restent attachés à leur terre coûte que coûte, même si une montagne s'est élevée sous leur village, ou des canoniers et des telluriques qui souhaitent détruire les masses de cristal. Découvrir chacune des communautés avec leurs rites, leurs personnages et leurs singularités est le plaisir principal du livre et on va de surprises en surprises, souvent cruelles, car le monde dépeint est plutôt désespéré (et le style de Brussolo peut se révéler cru), mais non dénué d'humour et de vie. Au fond, ce livre pose la question de l'attachement à la terre et brosse la réaction de personnes en proie au changement le plus brutal et inattendu. Au final Ce qui mordait le ciel se lit un peu comme une BD, avec un rythme enlevé, des images qui frappent, des scènes qui se succèdent avec des personnages qui passent en courant d'air... L'originalité échevelée du récit le sauve du tout venant, voire par moment du ridicule. Ce qui fait que dans l'ensemble on passe un bon moment (puis le bouquin est court), l'essentiel est là.