Douglas Adams - Le Guide Du Voyageur Galactique


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Première parution : 1972 (I), 1980 (II), 1982 (III), 1984 (IV), 1992 (V)
Edition : 2000 Folio SF
Quatrième de couverture du premier tome : Comment garder tout son flegme, quand on apprend dans la même journée : que sa maison va être abattue dans la minute pour laisser place à une déviation d'autoroute; que la planète Terre va être détruite d'ici deux minutes, se trouvant, coïncidence malheureuse, sur le tracé d'une future voie express intergalactique; que son meilleur ami, certes délicieusement décalé, est en fait un astrostoppeur natif de Bételgeuse, et s'apprête à vous entraîner aux confins de la galaxie ? Pas de panique ! Car Arthur Accroc, un Anglais extraordinairement moyen, pourra compter sur le fabuleux Guide galactique pour l'accompagner dans ses extraordinaires dérapages spatiaux moyennement contrôlés.




Célèbre partout dans le monde, ce qui lui a valu une transposition au cinéma avec le film H2G2, la saga du Guide du Voyageur Galactique est une parodie de l’univers SF, bardé d’un non sens très monty pythonesque. Douglas Adams, l’auteur, s’amuse comme un fou à tourner en dérision toutes les composantes de la science fiction, dans une histoire abracadabrantesque qui mélange allègrement extraterrestres loufoques, planètes improbables, robots dépressifs, armes de destructions massives, galaxie infinie, dans un cocktail bordélique et instable. L’histoire raconte les aventures d’Arthur Dent, pauvre londonien qui voit, dans la même journée, disparaître non seulement sa maison mais également la Terre, afin de laisser la place à une autoroute galactique. Sans domicile, il se retrouve alors embarqué dans la Galaxie par son pote Ford Prefect, bételgeusien de son état, et rédacteur pour le Guide du Voyageur Galactique, une sorte de guide du routard de l’espace qui a toujours un mot à dire sur n’importe quel sujet. Les deux amis voguent donc dans l’espace infini sans but véritable, mais ils vont vite tomber sur Zaphod Beeblebrox, le Président de la Galaxie en personne, Trillian, son assistante, et Marvin, l’androïde paranoïde qui leur tient lieu de serviteur dépressif, en quête d’un objectif un peu particulier, qui va les mener de planètes en planètes à travers l’espace et le temps. Une aventure alléchante sur le papier.

Le problème c’est que Douglas Adams manie avec une telle énergie le non sens et l’absurde que cela dépasse largement le cadre de son histoire, par ailleurs pas si futile qu’elle puisse paraître au premier abord. Arthur Dent et ses potes sont en effet à la recherche de la grande réponse à la Vie, à l’Univers et au Reste. Même si l’absurde est le moteur de l’histoire, Douglas Adams arrive néanmoins à attiser la curiosité du lecteur avec ses élans de philosophie de comptoir déjantée. On a vraiment envie de savoir où l’aventure va nous mener, si les questions lancées vont avoir droit à leurs réponses, si l’illumination et les révélations sont au bout du chemin. C’est ainsi que se termine le premier volume, après avoir esquissé un univers SF amusant et de vraies idées qui ne demandent qu’à être exploitée par la suite (Marvin, Slartibartfast, Pensées Profondes, les souris, la Terre…). Et puis, plus rien. Quasiment aucune de ces idées n’est développée dans les tomes suivants. En réalité chaque tome est centré sur une nouvelle histoire, des histoires qui n’ont finalement pas grand-chose à voir les unes avec les autres (si ce ne sont quelques références qui entretiennent un semblant de cohésion) et qui sortent un peu de nulle part. Si on peut trouver une certaine continuité durant les trois premiers volumes, cela devient encore pire avec les deux derniers tomes qui font passer à la trappe certains personnages centraux (Marvin, Zaphod, et même Fenchurch qui après avoir occupé un rôle important dans le quatrième tome disparaît purement et simplement du dernier volume sans autre forme de procès, parce que Douglas Adams ne savait sans doute plus quoi en faire).

La fameuse trilogie en cinq volumes est bel et bien une trilogie, les deux derniers volumes étant un peu à part, pour ne pas dire dispensables. L’intérêt de H2G2 réside surtout dans son humour, d’accord, mais j’aurais bien aimé qu’il y ait une véritable histoire derrière et que Douglas Adams ne s’amuse pas à balancer des idées et des personnages en les laissant tomber la page d’après. A chaque volume on attend qu’il se passe quelque chose, que l’histoire se lance enfin, mais les pages défilent et on ne voit toujours rien venir, jusqu’à ce que ce que l’on referme le livre en se rendant compte qu’il ne s’est effectivement presque rien passé avec le sentiment d’avoir tourné en rond du genre : « tout ça pour ça !? ». Douglas Adams brode énormément et compte quasi uniquement sur son humour pour faire tenir ses bouquins. Je trouve ça dommage car l’humour n’est pas non plus désopilant au point de se payer une barre de rire (c’est peut-être de ma faute vu que je n’ai pas tendance à rire devant un bouquin) et cache difficilement la pauvreté du fond. Bon, cette saga demeure sympathique et quelques passages sont bien vus mais l’ensemble est plutôt limité. Non mais franchement, il y avait tant de choses à faire avec un personnage de la trempe de Marvin.