TimeSplitters (PS2)




La série TimeSplitters est connue pour avoir été développée par des anciens membres de Rare ayant bossé sur Goldeneye et Perfect Dark, deux références ultimes dans le domaine du FPS. Si le premier épisode de TimeSplitters a eu l’honneur de faire partie du line up lors de la sortie de la Playstation 2, c’est surtout le second épisode qui a popularisé la série auprès des amateurs du genre. A vrai dire, le premier TimeSplitters est un jeu dispensable car il a été conçu principalement pour le multijoueur, et plus précisément pour le multijoueur à l’ancienne, à quatre autour de la machine, car en l’an 2000 le jeu online sur console en était encore à ses balbutiements (et ça se passait surtout sur la Dreamcast).





TimeSplitters propose néanmoins quelques bricoles pour le joueur solo, mais ce n’est clairement pas le plus important. Les deux modes destinés au solo, Histoire et Défi, sont relativement pauvres et limités. Contrairement à son nom le mode Histoire ne propose pas un scénario avec des missions cohérentes qui s’enchaînent les unes aux autres, mais tout simplement des niveaux sans aucun lien logique dont le but consiste à trouver un objet et à le ramener à un point donné (souvent le début du niveau) à travers les hordes d’ennemis qui se dressent sur la route du joueur. Rien de très palpitant. Les niveaux sont peu nombreux (neuf seulement), courts et pas très intéressants. En fait, ils semblent avoir été conçus pour faire une course contre la montre, le challenge consistant à les finir le plus rapidement possible (le menu de sélection des niveaux montre le temps réalisé pour chacun d’eux). Chaque stage propose par ailleurs trois niveaux de difficulté (facile, normal, difficile), avec à la clé de nouveaux bonus à débloquer. La seule particularité du mode Histoire, que l’on peut étendre à l’ensemble du jeu, c’est son univers loufoque qui mélange les époques et les atmosphères avec suffisamment de dinguerie pour être amusant. On parcourt ainsi l’Egypte en 1935, un restaurant chinois en 1970, une usine chimique en 1985, une planète inconnue en 2020 ou bien encore un aéroport en 2035 avec ce que cela suppose d’ennemis étranges, désuets ou futuristes (chinois, aliens, robots, momies…), et d’armes toutes aussi variées et farfelues. Les armes sont vraiment nombreuses et originales même si elles sont loin d’être toutes aussi utiles les unes que les autres. Certaines semblent avoir été conçues juste pour le fun, cela va du tromblon aux fusils à plasma, des pompes au sniper, en passant par les lance grenades. On en dénombre tellement que l’on n’a parfois pas le temps de toutes les essayer lors des stages qui ne durent que quelques minutes. L’univers décalé est donc plaisant mais il est finalement assez peu exploité dans le mode Histoire car les niveaux ne sont pas passionants.





L’humour fonctionne davantage dans le mode Défi qui propose, comme son nom l’indique, des défis pour le moins déjantés. Il faut ainsi décapiter des zombies à coup de fusil à pompe et même à mains nues dans le temps imparti ou bien encore dézinguer le plus de canards dans un deathmatch où régne l’absurde le plus complet. Le jeu s’amuse ouvertement à détourner les codes du genre pour mieux s’amuser et amuser le joueur, et il faut dire que cela marche plutôt bien. J’adore les affrontements contre les canards géants qui couinent quand on leur tire dessus. C’est dommage par contre que la difficulté soit assez élevée. En tout, on doit accomplir 27 défis regroupés en 9 thèmes (3 défis par thème) mais il faut les débloquer au fur et à mesure ce qui fait que si l’on coince dans les premiers défis on ne peut pas s’amuser avec les autres. Les limites de temps et les objectifs à accomplir sont très tendus et on n’a pas vraiment le droit à l’erreur. J’aurais bien aimé voir plus de défis mais malheureusement je n’ai pu jouer qu’aux neuf premiers débloqués d’office. Je n’ai pas su compléter ces neuf défis pour pouvoir passer aux neuf suivants. Cela ne m’empêche pas de penser que le mode défi est sans doute la chose la plus intéressante du jeu même si cela ne justifie pas son achat.





A moins de vouloir un jeu destiné au multijoueur car, de ce point de vue, TimeSplitters est très complet grâce à son troisième et dernier mode : le mode Arcade qui n’est rien d’autre qu’un mode multijoueur. Ce qui est bien, c’est que l’on n’a pas besoin d’être plusieurs pour jouer dans ce mode puisque l’on peut se servir de bots en guise d’ennemis. On peut également paramétrer tout ce que l’on veut : le type d’affrontement (deathmatch, capture the bag, bag tag, escorte…), les armes disponibles, les équipes, le score à atteindre, la limite de temps, j’en passe et des meilleures. En fait on se retrouve avec un mode multijoueur aussi complet que celui de Perfect Dark et on peut très bien s’amuser tout seul. En ce qui me concerne, j’ai passé beaucoup d’heures sur le multijoueur de Perfect Dark, je me suis vraiment éclaté, à l’époque je trouvais cela formidable, mais j’y ai passé tellement de temps que me refaire un mode multijoueur tout seul sur un autre jeu (et même sur Perfect Dark, quoique) ne me dit plus rien du tout. Rien ne vaut de s’éclater avec de vraies personnes sinon cela finit par devenir répétitif et peu intéressant. Il faut néanmoins noter la présence d’un outil permettant de créer ses propres cartes pour le multijoueur. Honte à moi, je n’ai pas pris le temps de tester l’ergonomie de la chose mais au vu de la notice cela a l’air plutôt bien fait, complet et facile à utiliser, de quoi relancer l’intérêt des parties à plusieurs. Je ne suis pas spécialement un fan de ce genre de truc (j’ai une piètre imagination pour créer mes propres niveaux malgré l’enthousiasme qui me gagne à cette pensée), mais voilà au moins une chose que ne propose pas Perfect Dark et qui est une véritable valeur ajoutée. Par contre, comme dans Perfect Dark le jeu comptabilise les statistiques liées au profil du joueur, que ce soit en mode Histoire, Défi et Arcade, avec le nombre de victimes, de morts, de balles tirées, le pourcentage de précision et tout un tas d’autres paramètres, sans oublier le temps de jeu, de quoi, une fois de plus, ravir les plus nerds des joueurs et souligner la dominante jeu à score de TimeSplitters.





Une fois que l’on a fait le tour des trois modes proposés par le jeu il n’y a plus grand-chose à dire à propos de TimeSplitters, si ce n’est que la jouabilité tient la route. On se sert des deux joysticks pour se déplace et viser, on tire avec R1 ou avec R2 pour le tir secondaire. La visée est plus ou moins assistée mais elle est suffisamment bien gérée pour ne pas donner l’impression d’être trop guidée. En fait le jeu tolère une marge d’erreur ce qui fait que l’on touche sa cible même si on tire légèrement à côté (pas trop non plus). Le fait que l’on ne dispose pas de viseur venant se focaliser automatiquement sur la cible ennemie donne vraiment le sentiment de bien tirer dans le feu de l’action. Cela peut paraître artificiel et être une solution de facilité, mais au contraire cela permet au jeu d’être nerveux et d’éviter les crises de frustration. On peut rentrer dans le tas tout en conservant la maîtrise de son personnage et réagir au moindre évènement sans rager après avoir vidé un chargeur de manière inefficace. Et puis, les ennemis meurent avec quelques balles, pas besoin de les plomber à l’excès. Dans le jeu un tir fait vraiment mal contrairement à certains FPS qui vont voir le jour par la suite sur console. Ce n’est pas pour cela que le jeu est facile et que l’on met dans le mille à chaque tir (les statistiques sont là pour le prouver), mais TimeSplitters arrive à surmonter les contraires liées au support pour rester fun et rapide à prendre en main.





Enfin, malgré ses quelques qualités, le jeu possède un intérêt limité. Le contenu en solo est bien trop maigre et ne s’en cache pas, même si l’univers loufoque et les défis légèrement barrés peuvent amuser. Quant au mode multijoueur il est peut-être complet et pas trop mal fichu mais on peut en trouver d’aussi bons et même meilleurs sur d’autres jeux sortis bien après TimeSplitters et qui ont l’avantage de profiter du jeu online. Je ne sais pas de quoi sont faites les suites, mais il semble somme toute assez logique que ce premier épisode soit plus ou moins tombé dans l’oubli. Dispensable à défaut d’être mauvais.