Luigi's Mansion (GC)




Sorti au lancement de la Gamecube, Luigi’s Mansion est un titre vraiment à part dans l’univers Mario. Le jeu commence alors que Luigi a gagné un manoir lors d’une tombola à laquelle il n’a pas participé. Il appelle son frère pour lui donner rendez-vous au manoir, mais quand Luigi arrive sur place en pleine nuit, il ne trouve pas son frère et se fait attaquer par des fantômes. Heureusement, le Professeur K. Tastroff débarque avec son aspirateur Ectoblast 3000 et éradique les ectoplasmes sans sourciller. Le prof explique à Luigi que son frère a été capturé par les fantômes du manoir et qu’il va devoir le libérer en parcourant les pièces de la demeure et en capturant les fantômes hantant les lieux à l’aide de l’aspirateur. Luigi’s Mansion est un jeu mélangeant action et exploration. Chaque salle du manoir comporte un certain nombre de fantômes qu’il faut capturer afin de choper des clés qui nous permettent à leur tour d’accéder à de nouvelles pièces et de s’enfoncer de plus en plus loin dans les ténèbres de la maison hantée. La progression se rapproche ainsi du premier Resident Evil, même si l’architecture du manoir de Luigi’s Mansion est beaucoup plus simple et linéaire. Le jeu est d’ailleurs découpé en quatre actes qui correspondent en quelque sorte aux différentes zones du manoir qui se débloquent au fil de l’aventure. La progression n’est jamais compliquée, on peut par ailleurs consulter un plan à tout moment pour se repérer et savoir où aller. Ces moments d’exploration, bien que légers dans le fond, sont très agréables grâce à l’ambiance géniale du jeu.





Les graphismes sont très propres et toujours aussi plaisants à regarder avec des effets d'ombre, de lumière et de déformation magnifiquement gérés. L’atmosphère de ce manoir brinquebalant est délicieuse et rappelle, une nouvelle fois, celle du manoir du premier Resident Evil en version cartoon et parodique. Certaines références au titre de Capcom sont visibles, comme les petites séquences lorsque Luigi ouvre une porte avec sa main tremblotante. Luigi est d’ailleurs un personnage parfaitement adapté à cet univers comico-horrifique. Lui, l’éternel second couteau réunit tout son courage pour affronter sa peur et sauver son frère. Il fait preuve d’un héroïsme discret presque touchant. Et il est difficile de ne pas être amusé de le voir siffloter dans le manoir pour se rassurer ou crier le nom de son frère avec des trémolos dans la voix. Je n’ai pas le souvenir d’avoir connu Luigi si peureux (en a-t-il eu l’occasion ?) avant Luigi’s Mansion. C’est sans doute ce jeu qui lui a donné son caractère d’humble héros froussard, que l’on retrouve plus tard dans le premier Mario & Luigi sur GBA (autre titre hautement amusant). Quoi qu’il en soit, cette somme de détails rend le jeu particulièrement immersif et accrocheur. Et si le manoir est si plaisant à explorer c’est aussi parce qu’il est bien construit et que la variété des décors et des pièces est une grande réussite. On se demande à chaque fois ce que l’on va découvrir derrière une nouvelle porte, et chaque salle possède sa propre identité.





On retrouve cet esprit dans le gameplay, à la fois simple mais proposant une foultitude de subtilités dans la manière d’affronter les fantômes. A la base, la capture d’ectoplasmes n’est pas bien compliquée. Il suffit de les éclairer avec la lampe torche de Luigi pour faire apparaître leur cœur pour pouvoir les aspirer. Chaque fantôme possède un certain nombre de points de vie, il faut les aspirer jusqu’à ce nombre tombe à zéro. Les fantômes font tout pour sortir de l’aspiration de notre Ectoblast 3000, ils nous trimballent donc d’un bout à l’autre de la pièce en espérant nous faire lâcher prise. Il faut donc essayer de suivre leurs mouvements tout en tirant dans le sens opposé pour pouvoir aspirer leurs points de vie, un peu comme dans un jeu de pêche quand il faut jongler entre la tension du fil et l’obligation de ramener la touche sur le rivage. Il existe plusieurs types de fantômes de base, certains sont plus résistants que d’autres, d’autres plus vifs, plus lourds etc. Il existe également des fantômes qui ont en général apparence humaine (ceux de base sont juste des ectoplasmes) et qui font en quelque sorte office de boss car ils sont beaucoup plus résistants et difficiles à attraper. Ces boss sont très nombreux et, bonheur, ils nécessitent tous de résoudre de petites énigmes pour pouvoir faire apparaître leur cœur et ainsi les aspirer. Il faut par exemple balancer des pelotes de laine en les aspirant puis en les recrachant sur une vieille mamie ou bien encore aspirer le gâteau d’un goinfre tout en aspirant ses sbires pour s’assurer qu’ils ne lui apportent plus à manger. On aurait pu craindre que le jeu soit vite répétitif avec les fantômes de base mais il n’en est rien car les boss sont si fréquents et s’appréhendent de manières si différentes que notre curiosité et notre sens de l’observation sont constamment attisés. D’autres points apportent également un peu de variété au gameplay de base, comme la possibilité d’aspirer des éléments (feu, eau, glace) pour pouvoir s’en servir contre les fantômes ou sur le décor. On peut par ailleurs aspirer la plupart des éléments, comme les nappes et les draps, on peut éteindre les bougies avec le souffle de l’aspirateur, on peut fouiller les meubles afin de récupérer des items (pièces, billets, bijoux, lingots) qui sont comptabilisés et permettent d’établir un score et un rang à la fin de la partie (l’image de fin diffère selon le rang).





Luigi’s Mansion serait donc un jeu à score. Il faut croire, car une partie se finit plutôt vite (6-7 heures pour une première fois) et l’intérêt de refaire le jeu n’est pas évident. Le jeu propose quelques à côté comme la chasse des 50 boos, la présence de deux pièces cachées et quelques salles supplémentaires lors de la seconde partie, mais rien qui ne justifie vraiment de recommencer l’aventure. Luigi’s Mansion est un jeu court qui ressemble parfois à une démo technique qui ne va pas au bout de toutes ses idées. Le background aurait, par exemple, mérité d’être plus travaillé. J’ai été déçu de ne pas en savoir plus sur les fantômes hantant le manoir. Le jeu nous livre une petite description pour chaque boss capturé, mais ces descriptions sont si restreintes (genre une phrase) que j’ai lu les premières avant de laisser tomber. Le manoir aurait été encore plus envoûtant avec un background solide utilisant la personnalité des fantômes pour en retracer une histoire cohérente. Luigi’s Mansion reste malgré tout un excellent jeu, très fun, à l’ambiance superbe et à la jouabilité terrible. Se prendre pour un ghostbuster est une expérience qui n’a pas de prix.